DCA & intérêts composés

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Comprendre le DCA et les intérêts composés

Le DCA (Dollar Cost Averaging, ou investissement programmé en français) consiste à investir une somme fixe à intervalles réguliers — typiquement chaque mois — sans chercher à anticiper les fluctuations du marché. Combiné aux intérêts composés, c'est l'un des mécanismes les plus puissants pour construire un patrimoine sur le long terme.

Le DCA, une discipline plus qu'une stratégie

Plutôt que d'investir une grosse somme d'un seul coup, le DCA répartit l'achat dans le temps. Le but n'est pas de battre le marché, mais d'éviter deux pièges courants :

  • Le timing : investir tout son capital juste avant une chute prolongée. Le DCA lisse le prix d'achat moyen.
  • L'émotion : automatiser ses versements évite les décisions impulsives liées à la peur ou à l'euphorie.

En période de baisse, le même versement achète davantage de parts ; en période de hausse, il en achète moins. Sur le long terme, le prix moyen d'acquisition est généralement proche de la moyenne du marché — ce qui suffit largement pour battre la grande majorité des investisseurs actifs.

Les intérêts composés : la force du temps

Les intérêts composés, c'est lorsque les gains d'une année génèrent eux-mêmes des gains les années suivantes. L'effet est faible au début, puis devient exponentiel.

Formule (versements en début de période) :

Cfinal = C0 × (1+r)n + V × [((1+r)n − 1) / r] × (1+r)

C0 = capital initial · V = versement périodique · r = taux par période · n = nombre de périodes

L'illustration classique : commencer tôt change tout

Prenons deux investisseurs avec un rendement annuel moyen de 7 % :

Alice — démarre à 25 ans

Verse 200 €/mois pendant 10 ans

Puis arrête, laisse fructifier

Total versé : 24 000 €

À 65 ans : ≈ 268 000 €

Bruno — démarre à 35 ans

Verse 200 €/mois pendant 30 ans

Sans interruption jusqu'à 65 ans

Total versé : 72 000 €

À 65 ans : ≈ 245 000 €

Alice a investi trois fois moins que Bruno mais finit avec plus. Sa seule arme : 10 années d'avance.

Quel rendement utiliser dans le simulateur ?

Le rendement à saisir dépend du support choisi. Quelques ordres de grandeur historiques (avant inflation et fiscalité) :

  • Livret A : 1,5 % à 3 % selon les périodes — sécurisé mais à peine au-dessus de l'inflation.
  • Fonds euros (assurance-vie) : 2 % à 3 % en moyenne ces dernières années — garantie en capital.
  • ETF actions monde (type MSCI World) : environ 7 % à 8 % annualisés sur le long terme — volatilité forte.
  • SCPI : 4 % à 6 % de rendement annuel, plus une potentielle revalorisation des parts.
  • Cryptomonnaies : rendements historiques élevés mais extrêmement volatils — pas de moyenne fiable.

Attention : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres ci-dessus sont des moyennes longues — sur des sous-périodes, les résultats peuvent être très différents, voire négatifs. Un rendement de 7 % par an n'est pas garanti d'une année sur l'autre, c'est une moyenne lissée.

Et l'inflation ?

Le simulateur calcule un capital nominal (en euros futurs). Pour obtenir le pouvoir d'achat réel à terme, il faut retrancher l'inflation. Une règle pratique : utilisez un rendement « réel » dans le simulateur, c'est-à-dire rendement attendu − inflation attendue.

Exemple : si vous attendez 7 % de performance brute et 2 % d'inflation, saisissez 5 % pour obtenir directement le résultat en pouvoir d'achat d'aujourd'hui.

Fiscalité : un facteur à ne pas négliger

Le rendement affiché par le simulateur est brut. Selon l'enveloppe choisie en France, la fiscalité réduit significativement le rendement net :

  • PEA (après 5 ans) : 17,2 % de prélèvements sociaux uniquement sur les gains. Plafond 150 000 € de versements.
  • Assurance-vie (après 8 ans) : abattement annuel sur les gains, puis flat tax ou barème progressif.
  • Compte-titres ordinaire : flat tax de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) sur les gains.
  • PER : versements déductibles à l'entrée, mais imposés à la sortie.

Bon réflexe : commencez par remplir les enveloppes fiscalement avantageuses (PEA, assurance-vie) avant le compte-titres. Sur 20 ou 30 ans, l'écart de fiscalité représente facilement plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Trois leçons à retenir

  • Le temps prime sur le montant. 100 €/mois pendant 30 ans rapporte plus que 300 €/mois pendant 10 ans.
  • La régularité bat l'intuition. Le DCA fonctionne précisément parce qu'il vous empêche de réagir aux marchés.
  • Le rendement compte, mais la durée compte plus. Un point de rendement supplémentaire pèse beaucoup moins qu'une décennie de plus.